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In The End, There Is No End

2024 Istanbul Concept Gallery, İstanbul, TR
Le titre « In The End, There Is No End » est emprunté à l’univers du groupe canadien de musique instrumentale New Age Doom, dont l’album, salué par la critique, a notamment été qualifié de « sophistiqué, dramatique et riche en nuances émotionnelles » par le magazine « Pitchfork ». À sa manière, Djochkoun Sami poursuit une démarche tout aussi plurielle. Aux thèmes qui traversent depuis longtemps son travail viennent s’ajouter de nouvelles préoccupations, dans une peinture où les formes et les langages se croisent sans jamais se laisser enfermer dans un style défini.

Derrière son titre poétique, « In The End, There Is No End » ne prétend pas livrer de grandes vérités. L’exposition nous invite plutôt à suivre le parcours du peintre, une traversée personnelle du temps, de l’espace et des multiples couches de sens qui s’y superposent. Les peintures et les dessins récents réunis ici composent un ensemble aux facettes multiples, comme une tentative de dresser la carte d’un monde à la veille de profonds bouleversements. Loin du désir de simplifier et d’ordonner propre à la modernité, ou de la tentation de chercher à tout prix des liens cachés entre les choses, Sami laisse ses récits se déployer librement, sans chercher à leur donner une conclusion.

Cette liberté se retrouve dans ses dessins à l’encre sur papier, œuvres intimes, sombres et denses, où les figures côtoient les vides, les hachures se mêlent aux gestes spontanés et les formes opaques aux contours incertains. À première vue, ces dessins semblent s’écarter de son travail pictural. Mais à y regarder de plus près, ils y apportent une sorte de « matière noire », une présence souterraine qui vient enrichir le tourbillon de paysages et de références dont se nourrit son univers.

Dans ses peintures, la fluidité des formes et le calme apparent des compositions contrastent parfois avec une énergie plus instinctive, qui semble appeler le geste expressionniste. Ce contraste n’est sans doute pas étranger à sa formation, marquée par les codes formels et narratifs du réalisme socialiste tardif. Attentif à l’histoire de la peinture et aux ressources de son médium, Sami fait également appel à des procédés que l’on retrouve chez des artistes comme Magritte, avec ses rapprochements inattendus, ou Caspar David Friedrich, avec la figure de dos, le « Rückenfigur ».

Les thèmes qui traversent ses œuvres évoquent les secrets enfouis au cœur d’une forêt obscure. On peut aussi y voir une métaphore de l’avenir : un avenir qui s’annonce peut-être sombre, mais qu’il nous appartient malgré tout d’accueillir sans crainte. Car, au-delà de nos ambitions personnelles, le brouillard qui nous entoure laisse entrevoir une autre réalité : chaque effondrement ouvre la voie à un nouveau départ, chaque décomposition annonce l’apparition de formes nouvelles. Et, finalement, il n’y a pas de fin.
In The End, There Is No End

Œuvres exposées

Balise, 2023
Acrylique sur toile , 114 × 142 cm

Planétarium, 2023
Technique mixte sur papier , 70 × 50 cm

Piège, 2023
Acrylique sur toile , ⌀ 50 cm.

Leçon, 2023
Acrylique sur toile , 70 × 50 cm.

Repos, 2023
Acrylique sur toile , 70 × 50 cm.

Porte, 2023
Technique mixte sur papier , 50 × 70 cm.

Voile, 2022
Technique mixte sur papier , 70 × 50 cm

Babouchka, 2022
Technique mixte sur papier , 70 × 50 cm

Demain, 2022
Technique mixte sur papier , 70 × 50 cm

Déserteur, 2022
Technique mixte sur papier , 70 × 100 cm

Drone, 2022
Technique mixte sur papier , 70 × 100 cm

Anyverse, 2022
Technique mixte sur papier , 70 × 100 cm